Citations de Simone de Beauvoir:
Le présent n’est pas un passé en puissance. Il est le moment du choix et de l’action.
Si on invite un enfant à la paresse en l’amusant tout le jour sans lui donner l’occasion d’étudier, sans lui en montrer l’utilité, on ne dira pas quand il atteint l’âge d’homme qu’il a choisi d’être incapable et ignorant.
Gouttes au goût salé, les larmes sont les messagères des peines et de la tristesse... Mais pas de honte à les laisser couler, elles racontent bien des choses.
Une habitude c’est presque une compagnie dans la mesure où une compagnie n’est bien souvent qu’une habitude.
Le secret du bonheur et le comble de l'art, c'est de vivre comme tout le monde, en n'étant comme personne.
C'est si lisse une vie, c'est clair, ça coule de source, quand tout va bien. Et il suffit d'un accrochage. On découvre que c'est opaque, qu'on ne sait rien sur personne, ni sur soi ni sur les autres: ce qu'ils sont, ce qu'ils pensent, ce qu'ils font, comment ils vous voient.
J'ai voulu te donner plus que tu ne pouvais recevoir. Et si l'on est sincère, donner c'est une manière d'exiger.
Dans les périodes difficiles de ma vie, griffonner des phrases - dussent-elles n'être lues par personne - m'apporte le même réconfort que la prière au croyant : par le langage, je dépasse mon cas particulier, je communie avec toute l'humanité.
L'amitié implique qu'on se parle à cœur ouvert.
Dans les livres, les gens se font des déclarations d'amour, de haine, ils mettent leur cœur en phrases; dans la vie, jamais on ne prononce de paroles qui pèsent.
Ce qu'il y a de plus scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.
Je lui ai proposé de lui acheter une télévision mais elle a refusé ; elle m'a dit : « Je ne laisse pas entrer n’importe qui chez moi. »
Ce que les hommes sont bas, ils croient que tout peut s'acheter.
Chez la plupart des hommes, sommeille un adolescent pas du tout sûr de soi.
À mon avis, nous ne devons nous soucier que de l'avenir sur lequel nous avons prise : mais nous devons nous efforcer d'élargir le plus possible notre emprise sur lui.
Tout ce qu'on fait finit par se défaire, je sais. Et dès l'heure où l'on naît on commence à mourir. Mais entre la naissance et la mort il y a la vie.
Il faudrait me prouver qu'il y a une primauté de la politique, que l'homme est un animal politique, et que son attitude est politique, quoi qu'il pense. Je nie cela. La politique, c'est l'art d'agir sur les hommes du dehors ; le jour où l'humanité tout entière s'organisera du dedans d'elle-même, il n'y aura plus besoin de politique.
Une amitié est un délicat édifice ; elle s’accommode de certains partages mais elle réclame aussi des monopoles.
Ce qui m’attira surtout dans la philosophie, c’est que je pensais qu’elle allait droit à l’essentiel. Je n’avais jamais eu le goût du détail : je percevais le sens global des choses plutôt que leurs singularités, et j’aimais mieux comprendre que voir.
Quand on tient à quelqu'un, on doit faire un peu de crédit aux gens qu'il aime.
Choisir la vie, c’est toujours choisir l’avenir. Sans cet élan qui nous porte en avant nous ne serions rien de plus qu’une moisissure à la surface de la terre.
On ne gagne rien sans perdre quelque chose.
Quand on a été mal aimé dans son enfance et qu'on a adopté le point de vue de ses parents, on a constitué de soi une image déplaisante dont on ne se débarrasse jamais.
Une femme qui n'a pas peur des hommes leur fait peur.
Mon chemin était clairement tracé : me perfectionner, m'enrichir, et m'exprimer dans une oeuvre qui aiderait les autres à vivre.
L'intimité quotidienne ne crée ni compréhension ni sympathie.
Je me disais que, tant qu'il y aurait des livres, le bonheur m'était garanti.
L'idéal serait au contraire que des êtres humains se suffisant parfaitement chacun, ne soient enchaînés l'un à l'autre que par le libre consentement de leur amour.
Le mariage multiplie par deux les obligations familiales et toutes les corvées sociales.
C'est justement la gratuité d'un acte qui lui donne du prix.
Je sais pourquoi je t'ai menti, m'a-t-il dit un peu plus tard. Parce que je vieillis. Te dire la vérité, je savais que ça ferait une histoire ; ça ne m'aurait pas arrêté autrefois ; maintenant, ça me fatigue, l'idée d'une dispute. J'ai pris un raccourci.
Un couple qui continue parce qu'il a commencé, sans autre raison : était-ce cela que nous étions entrain de devenir ?
Voyez-vous, dit Pierre, le temps n’est pas fait d’un tas de petits morceaux séparés dans lesquels on puisse s’enfermer successivement ; quand vous croyez vivre tout simplement au présent, bon gré, mal gré, vous engagez l’avenir.
J'ai toujours pensé qu'une vie était un progrès jusqu'à la mort, qu'elle devait être un progrès.
Suis-je moins intelligente que je ne l'imagine? Ca, c'est le genre de question qu'il est inutile de poser, personne n'osera me répondre que je suis sotte. Et comment savoir ? Tout le monde se croit intelligent, même les gens que je trouve stupides.
Dans mon enfance, une institutrice me semblait un bien plus grand personnage qu'une duchesse ou qu'un milliardaire, et cette hiérarchie ne s'était guère modifiée.
Se vouloir libre, c'est aussi vouloir les autres libres.
Comme tout devient compliqué dès qu'on commence à avoir des arrières-pensées !
Je suis un intellectuel. Ça m'agace qu'on fasse de ce mot une insulte : les gens ont l'air de croire que le vide de leur cerveau leur meuble les couilles.
Pour désirer laisser des traces dans le monde, il faut en être solidaire.
Olga me découvrit le plaisir de donner; j'avais connu l'ivresse de recevoir et les bonheurs de la réciprocité; mais je ne savais pas comme il était émouvant de se sentir utile, bouleversant de se croire nécessaire.
On ne peut pas mener une vie correcte dans une société qui ne l'est pas.
Le propre de toute morale c'est de considérer la vie humaine comme une partie que l'on peut gagner ou perdre, et d'enseigner à l'homme le moyen de gagner.
Je pensais: "Cela vaut la peine d'écrire si on peut créer de la fraternité avec des mots". Pénétrer autant dans des vies étrangères que les gens, en entendant ma voix aient l'impression de se parler à eux même: voilà ce que je souhaitais, si elle se multipliait dans des milliers de cœurs, il me semblait que mon existence rénovée, transfigurée, serait, d'une certaine manière, sauvée.
Il me semblait que la terre n'aurait pas été habitable si je n'avais eu personne à admirer.
Comment mesurer la souffrance et la joie ? Peut-on comparer le poids d'une larme au poids d'une goutte de sang ?
On ne comprend jamais les amours des autres.
Les livres que j'aimais devinrent une Bible où je puisais des conseils et des secours.
Le couple heureux qui se reconnaît dans l’amour défie l’Univers et le temps ; il se suffit , il réalise l’absolu.
On n'existe pas sans faire.
Il me répéta que notre société ne respecte que les femmes mariées. Je ne me souciais pas d'être respectée.
La vie garde un prix tant qu'on en accorde à celle des autres, à travers l'amour, l'amitié, l'indignation, la compassion.
Pour changer la face du monde, il faut y être d'abord solidement ancré.
Nous n'existons que si nous agissons.
Je renonçais de bonne heure à la monarchie ; je trouvais absurde que le pouvoir dépendît de l'hérédité et échût la plupart du temps à des imbéciles.
La littérature permet de se venger de la réalité en l’asservissant à la fiction ; mais si mon père fut un lecteur passionné, il savait que l’écriture exige de rebutantes vertus, des efforts, de la patience ; c’est une activité solitaire où le public n’existe qu’en espoir.
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