Les meilleures citations de Georges Bernanos:
-Ce n’est pas nous qui disposons du passé, ce n’est pas nous qui le tenons ; c’est le passé plutôt qui nous tient.
-On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n'admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.
-Dès les premiers mots, il l'avait crue, tant le regard en dit plus long que les lèvres.
-L’homme d’autrefois ne ressemblait pas à celui d’aujourd’hui. Il n’eût jamais fait partie de ce bétail que les démocraties ploutocratiques, marxistes ou racistes, nourrissent pour l’usine et le charnier. Il n’eût jamais appartenu aux troupeaux que nous voyons s’avancer tristement les uns contre les autres, en masses immenses derrière leurs machines, chacun avec ses consignes, son idéologie, ses slogans, décidés à tuer, résignés à mourir, et répétant jusqu’à la fin, avec la même résignation imbécile, la même conviction mécanique : « C’est pour mon bien… c’est pour mon bien… ».
-Les imbéciles sont capables de discuter indéfiniment sur n'importe quelle question, mais ils se garderont bien de la poser d'une telle manière qu'ils soient forcés d'y répondre...
-Ce que vos ancêtres appelaient des libertés, vous l'appelez déjà des désordres, des fantaisies.
-Ces grandes destinées échappent, plus que toutes les autres, à n'importe quel déterminisme : elles rayonnent, elles resplendissent d'une éclatante liberté.
-Le règne de l'argent, c'est le règne des Vieux. Dans un monde dans un monde livré à la dictature du Profit, tout homme capable de préférer l'honneur à l'argent est nécessairement réduit à l'impuissance. C'est la condamnation de l'esprit de jeunesse. La jeunesse du monde n’a le choix qu'entre deux solutions extrêmes : l’abdication ou la révolution.
-L'esprit de vieillesse n'a pas d'illusions. Ce qu’il appelle Illusion n’est qu’un calcul égoïste, si naturel et spontané qu'il peut très bien n’être qu’à demi conscient. L'esprit de vieillesse est un esprit de compromission. L'esprit de vieillesse essaye de faire honte à l'esprit de jeunesse de ses partis pris absolus. Mais ce que l'esprit de vieillesse oppose à ces partis pris, sous le nom de sagesse, c'est le calcul d'une prévoyance abjecte qui pourrait se résumer ainsi : « Tâchons de faire durer le provisoire aussi longtemps que nous, et après nous, qu’importe ! »
-Pour beaucoup de niais vaniteux que la vie déçoit, la famille reste une institution nécessaire, puisqu'elle met à leur disposition, et comme à portée de la main, un petit nombre d'êtres faibles, que le plus lâche peut effrayer. Car l'impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d'autrui.
-Comme les âmes très pures, elle se résignait vite aux fautes commises, ne pensait qu'à réparer de son mieux le dommage.
-La spéculation a ainsi, en un temps fabuleusement court, par le seul miracle de la technique, créé une civilisation à l'image d'un homme prodigieusement diminué, amoindri, non plus fait à l'image de Dieu mais du spéculateur - c'est-à-dire d'un homme réduit au double état, également misérable, de consommateur et de contribuable.
-Nous n'assistons pas à la fin naturelle d'une grande civilisation humaine mais à la naissance d'une civilisation inhumaine qui ne saurait s'établir que grâce a une vaste, une immense, et universelle stérilisation des hautes valeurs de la vie.
-Politiciens, spéculateurs, gangsters, marchands, il ne s’agit que de faire vite, d’obtenir le résultat immédiat, coûte que coûte, soit qu’il s’agisse de lancer une marque de savon, ou de justifier une guerre, ou de négocier un emprunt de mille milliards. Ainsi les bons esprits s’avilissent, les esprits moyens deviennent imbéciles, et les imbéciles, le crâne bourré à éclater, la matière cérébrale giclant par les yeux et par les oreilles, se jettent les uns sur les autres, en hurlant de rage et d’épouvante.
-On a dit parfois de l’homme qu’il était un animal religieux. Le système l’a défini une fois pour toutes un animal économique, non seulement l’esclave mais l’objet, la matière presque inerte, irresponsable, du déterminisme économique, et sans espoir de s’en affranchir, puisqu’il ne connaît d’autre mobile certain que l’intérêt, le profit.
-Imbéciles, ne voyez-vous pas que la civilisation des machines exige en effet de vous une discipline chaque jour plus stricte ? Elle l’exige au nom du Progrès, c’est-à-dire au nom d’une conception nouvelle de la vie, imposée aux esprits par son énorme machinerie de propagande et de publicité.
-Nous savons bien que la cupidité n’est pas une vertu, mais le monde n’a pas besoin de vertu, il réclame du confort, et la cupidité sans frein des marchands finira, grâce au jeu de la concurrence, par lui fournir ce confort à bas prix, à un prix toujours plus bas.
-Pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore.
-Car l'impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d'autrui.
-Tu es bien de cette race de gens qui, ayant donné deux sous à un vagabond, se scandalisent de ne pas le voir se précipiter chez le boulanger pour s'y bourrer du pain de la veille, que le commerçant lui aura d'ailleurs vendu pour du pain frais. A sa place, ils iraient aussi chez le marchand de vin, car un ventre misérable a plus besoin d'illusion que de pain.
-Etre capable de trouver sa joie dans la joie de l'autre; voilà le secret du bonheur.
-Ce n’est pas la servitude qui fait les esclaves, c’est l’acceptation de la servitude, c’est d’y conformer sa vie au point d’y trouver ses aises, et, finalement, de l’ignorer.
-Il n'y a pas de véritable unité entre les peuples comme entre les individus sans une idée commune. Et il faut que cette idée commune soit placée le plus haut possible afin qu'elle puisse se voir de plus loin. En la mettant trop bas, sous prétexte de la rendre plus accessible, on avilit les meilleurs et on ne fait que confirmer les médiocres dans leur médiocrité. Une idée haute n'a pas besoin d'être comprise par chaque citoyen pris à part. Il suffit qu'elle soit dans l'air, qu'elle agisse directement ou indirectement sur les consciences.
-Le mal jeté n'importe où, germe presque sûrement. Au lieu qu'il faut à la moindre semence de bien, pour ne pas être étouffée, une chance extraordinaire, un prodigieux bonheur.
-Les horreurs que nous venons de voir, et celles pires que nous verrons bientôt, ne sont nullement le signe que le nombre des révoltés, des insoumis, des indomptables, augmente dans le monde, mais bien plutôt que croît sans cesse, avec une rapidité stupéfiante, le nombre des obéissants, des dociles, des hommes, qui, selon l'expression fameuse de l'avant-dernière guerre, '"ne cherchaient pas à comprendre".
-L’intelligence peut tout traverser, ainsi que la lumière l’épaisseur du cristal, mais elle est incapable de toucher, ni d’étreindre. Elle est une contemplation stérile.
-L'optimisme m'est toujours apparu comme l'alibi sournois des égoïstes, soucieux de dissimuler leur chronique satisfaction d'eux-mêmes. Ils sont optimistes pour se dispenser d'avoir pitié des hommes, de leur malheur.
-Le bigot comme le sceptique font profession de ne s’étonner de rien, pour s'épargner de s'indigner de quoi que ce soit.
-On me reproche parfois d’être pessimiste. Je ne suis pas pessimiste. Je remplis mon devoir d’homme libre en refusant d’être dupe. Je n’éprouve pas le besoin d’être consolé par des illusions ou des mensonges ; la vérité seule console, et, quand elle ne peut consoler, elle délivre.
-L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait.
-Le hasard est l'alibi des imbéciles.
-Le monde moderne en multipliant les besoins, multiplie les misérables.
-Vous ne ferez rien de durable pour le bonheur des hommes parce que vous n'avez aucune idée de leur malheur.
-C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents.
-Nous voyons aujourd'hui la spéculation exploiter avec une espèce de rage croissante les habitudes de l'homme. Elle en crée sans cesse de nouvelles - en même temps que les joujoux mécaniques que ses ingénieurs lui fournissent, et qu'elle jette inlassablement sur le marché. La plupart de ces besoins, constamment provoqués, entretenus, excités par cette forme abjecte de Propagande qui s'appelle la Publicité, tournent à la manie, au vice. La satisfaction quotidienne de ces vices portera toujours le nom modeste de confort, mais le confort ne sera plus ce qu'il était jadis, un embellissement de la vie par le superflu, le superflu devenant peu à peu l'indispensable, grâce à la contagion de l'exemple sur les jeunes cerveaux de chaque génération. Comment voulez-vous qu'un homme formé, dès les premières heures de sa vie consciente, à ces innombrables servitudes, attache finalement grand prix à son indépendance spirituelle vis-à-vis d'un système précisément organisé non seulement pour lui donner au plus bas prix ce confort, mais encore pour l'améliorer sans cesse ?
-L’homme est naturellement résigné. L’homme moderne plus que les autres en raison de l’extrême solitude où le laisse une société qui ne connaît plus guère entre les êtres que les rapports d’argent. Mais nous aurions tort de croire que cette résignation en fait un animal inoffensif. Elle concentre en lui des poisons qui le rendent disponible le moment venu pour toute espèce de violence.
-Le malheur, ma fille, n'est pas d'être méprisée, mais seulement de se mépriser soi-même.
-Le crime est rare ; je veux dire le crime qualifié, authentique, tombant sous le coup de la loi. Les hommes se détruisent par des moyens qui leur ressemblent, médiocres comme eux. Ils s’usent sournoisement. Et les crimes d’usure, monsieur, ça ne regarde pas les juges !...
-Si je recommençais ma vie,
je tâcherais de faire mes rêves encore plus grands ;
parce que la vie est infiniment plus belle et plus grande
que je n'avais cru,
même en rêve.
-Les imbéciles ne prêtent attention qu'à ce qui leur fait peur.
-Ce que la voix peut cacher, le regard le livre.
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