Citations de Charles Péguy:
L'idéal, c'est quand on peut mourir pour ses idées, la politique, c'est quand on peut en vivre.
Une capitulation est essentiellement une opération par laquelle on se met à expliquer au lieu d'agir.
C'est une illusion dangereuse que de croire que l'on peut publier sans recevoir, écrire sans lire, parler sans écouter, produire sans se nourrir, donner de soi sans se refaire.
Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste.
Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite.
Trois tailleurs de pierres travaillent sur un chantier. Quelqu'un passant par là leur demande ce qu'ils font. "Je taille des pierres", soupire le premier. "Je construis un mur", répond le second. "Je bâtis une cathédrale", s'exclame le troisième.
On ne gagnait rien; on ne dépensait rien; et tout le monde vivait.
Il y a des ordres injustes, qui cachent les pires désordres.
Et rien, jamais rien, le règne de la terre n’est rien que le règne de la perdition, le royaume de la terre n’est rien que le royaume de la perdition.
Mais un autre pain nous manque; le pain de la nourriture de nos âmes.
Un mot n'est pas le même dans un écrivain et dans un autre. L'un se l'arrache du ventre. L'autre le tire de la poche de son pardessus.
Dans ce fatras et dans cette hâte de la vie moderne on n'examine rien;il suffit qu'un quiconque fasse quoi que ce soit, (ou même fasse semblant), pour qu'on dise, (et même pour qu'on croit), que c'est là son être.
La révolution sociale sera morale, ou elle ne sera pas.
Pour la première fois dans l'histoire du monde l'argent est seul en face de l'esprit.
Celui qui manque trop du pain quotidien n'a plus aucun goût au pain éternel.
Les politiques eux-mêmes pensent comme nous de la politique ; ils sont les premiers à l'estimer ce qu'elle vaut ; c'est-à-dire à la mépriser.
Prendre son billet au départ, dans un parti, dans une faction et ne plus jamais regarder comment le train roule et, surtout, sur quoi il roule c'est, pour un homme, se mettre dans les meilleures conditions pour se faire criminel.
Il suffit qu'un seul homme soit tenu sciemment, ou, ce qui revient au même, sciemment laissé dans la misère pour que le pacte civique tout entier soit nul ; aussi longtemps qu'il y a un homme dehors, la porte qui lui est fermée au nez ferme une cité d'injustice et de haine.
L'homme qui est poète à vingt ans n'est pas poète, il est homme; s'il est poète après vingt ans, alors il est poète.
Le croira-t-on, nous avons été nourris dans un peuple gai. Dans ce temps-là un chantier était un lieu de la terre où des hommes étaient heureux. Aujourd'hui un chantier est un lieu de la terre où des hommes récriminent, s'en veulent, se battent ; se tuent.
Quarante ans est un âge terrible. Car c’est l’âge où nous devenons ce que nous sommes.
Une grande philosophie n’est pas celle qui installe une vérité définitive, c’est celle qui introduit une inquiétude.
Tout commence en mystique, et tout finit en politique.
L'Espérance voit ce qui n'est pas encore et qui sera.
Elle aime ce qui n'est pas encore et qui sera.
Je ne suis pas très partisan des spéculations immenses, des contemplations éternelles. Je n'ai pas le temps. Je travaille par quinzaines. Je m'attache au présent. Il en vaut la peine.
C'est un insupportable abus de l'autorité paternelle que de vouloir imposer aux générations neuves les radotages des générations vieillies que nous sommes.
Ceux qui se taisent, les seuls dont la parole compte.
Le triomphe des démagogies est passager, mais les ruines sont éternelles.
Le monde est plein d'honnêtes gens. On les reconnaît à ce qu'ils font les mauvais coups avec plus de maladresse.
La seule force, la seule valeur, la seule dignité de tout ; c'est d'être aimé.
Quand il s'agit d'histoire ancienne, on ne peut pas faire d'histoire parce qu'on manque de références. Quand il s'agit d'histoire moderne, on ne peut pas faire d'histoire, parce qu'on regorge de références.
Le gouvernement parlementaire n'est pas tant le gouvernement de la tribune ; et même, il n'est pas tant le gouvernement des commissions ; il est le gouvernement des couloirs.
La calomnie est en politique moins gênante que la manifestation de la vérité.
Une amitié est perdue quand il faut penser à la défendre.
Le droit ne fait pas la paix, il fait la guerre.
Aimer c'est donner raison à l'être aimé qui a tort.
L'ordre, et l'ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude.
Un véritable savant, qui travaille dans son laboratoire, n'écrit point science avec un grand S.
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